Notre histoire

Au commencement

La création de Sans Frontières est le fruit d'un constat dressé, au début des années 80, par une poignée de directeurs de centres de vacances. Celui du décalage et de l'inadaptation des colonies de vacances pour le public " adolescents ", dont les organisateurs patentés répondaient " rentabilité " (groupes de 30 ou 40 jeunes) aux demandes de petites équipées, d'activités singulières, et d'un véritable esprit du voyage !

Ces années 80 avaient pourtant ouvert de formidables perspectives de voyages -les vols charters-, dans un monde où il est toujours aussi urgent 'd'aller voir ailleurs' pour s'oxygéner, apprendre et progresser, dans un esprit de curiosité, de respect de l'autre et de l'ailleurs. organisateurs institutionnels :


Le point commun de ces 'initiateurs' s'est aussi révélé être la voyage et la 'découverte sportive' comme ciment de vie collective et support éducatif pour les adolescents. Là encore, la recherche de qualité se heurtait aux exigences des gestionnaires des "Un séjour canyoning en Espagne ? Pourquoi pas ? Enfin...c'est cher, compliqué, voire impossible à organiser - en qualité et sécurité - pour une quarantaines de jeunes. Et diviser les groupes par trois ne serait pas assez lucratifs !"



 

Voyageurs avant tout

Il nous arrivait de rencontrer à l'étranger des groupes d'ados en camps itinérants, dont le comportement nous déprimait : attitude tapageuse et malpolie, mépris de l'autochtone, non respect de l'environnement... Fallait-il imputer cette conduite à la pauvreté d'un circuit reprenant à la baisse les standards du tourisme de masse, sans la moindre spécificité " ados " et sans originalité (campings bondés, discothèques, plages et drague) ?

Pareille expérience fait naturellement penser à l'effet Pygmalion, ce principe fondamental de la psychologie individuelle ou collective. Les attentes et les attitudes des éducateurs conditionnent le comportement de ceux qu'ils encadrent. C'est même tellement subtil que l'on peut déclencher l'effet Pygmalion -pour le meilleur ou le pire- à travers le langage du corps et ses expressions. Les adultes qui sont mal à l'aise avec le public ados, parfois à leur insu, déclenchent irrémédiablement, à leur grand désarroi, les dérapages qu'ils redoutent. Il existe d'autres facteurs aggravants. A commencer par quelques associations et leurs 'centres de placements' qui se comportent comme des agences d'intérim, protégées par la nébuleuse de 'l'éducation populaire' et l'immobilisme d'une administration de tutelle, dépassée par l'évolution d'un secteur qu'elle connaît mal.

 


 

Le départ

Une première année permit de faire voyager 50 jeunes et de vérifier la pertinence du projet avec un très gros travail de l'équipe bénévole qui y consacrait tous ses loisirs et ses nuits. La progression a suivi, posant des problèmes de structure inhérents au développement. Les bénévoles du début se sont entourés de permanents pour en arriver à aujourd'hui.

Comme tout groupe humain qui se développe, l'évolution a été intense, heureuse et semée de crise. Sans Frontières s'est construit dans la joie, l'amitié et les ruptures. Certains, qui étaient pertinents dans une petite association de copains où l'on organise cinq à six séjours, n'ont pas 'digéré' la croissance.

Car SF est désormais une structure composée de onze permanents et de plus de trois cents animateurs, qui accueillent chaque année 5000 enfants réparties dans 300 séjours. Si Sans Frontières est certainement pionnière dans l'organisation de séjours en petits groupes, elle a su évoluer au gré du développement de sa structure et du public adolescents, en conservant ses valeurs.